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BlogAdieu Patrice de Colmont

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Adieu Patrice de Colmont

D’habitude lorsque j’écris un texte pour rendre hommage à un ami qui vient de mourir, je suis toujours inspirée et je le rédige d’un seul jet, en quelques minutes, mêlant anecdotes et profondeur, humour et émotion. Pour Patrice, c’est plus compliqué. Ce n’est pas que je n’ai rien à dire, au contraire, j’ai beaucoup à dire. Je dois donc faire un tri. Sinon, j’écrirais un livre. C’est d’ailleurs ce qu’il m’avait demandé en 2016, d’écrire un livre, une sorte d’autobiographie. Je lui avais répondu d’accord. Comme je voulais commencer mon texte avec la mort de son père qui était décédé bien avant que nous fassions connaissance, j’ai demandé à Patrice qu’il me raconte l’enterrement.

— Nous avons jeté ses cendres depuis un petit avion au-dessus d’une montagne des Pyrénées où il adorait randonner. 

Je commence donc mon récit. Le lendemain, je retourne le voir.

— Peux-tu me décrire ce petit avion, sa couleur, l’odeur du tarmac, j’ai besoin de  détails pour peaufiner mon début.

— Ben, je n’y étais pas.

— Comment ça, tu n’y étais pas ?

— Ben non, avec mon frère et ma soeur, c’était au printemps, Le Club était ouvert, les clients étaient nombreux, nous n’y sommes pas allés, le pilote était seul.

— Je suis désolée, Patrice, je t’adore, mais je ne peux pas écrire le livre d’un homme qui, un jour, me raconte une jolie histoire lorsqu’il est allé dans un petit avion jeter les cendres de son père au-dessus de la montagne que celui-ci aimait et, le lendemain, parce que je le questionne pour avoir des précision, m’avoue que c’est faux. Et puis, ça me dégoûte qu’avec ton frère et ta soeur, vous ayez préféré ouvrir votre restaurant qu’aller rendre un dernier hommage à l’homme qui vous a offert un paradis, c’est vrai quoi, sans ton père, jamais vous ne seriez propriétaires de ce splendide morceau de terre sur la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, jamais vous ne gagneriez très bien votre vie avec Le Club 55 qu’il a fondé. Jamais. Alors, ton livre, désolée, mais je n’ai plus envie de l’écrire.

Et je ne l’ai jamais écrit. Ce qui est bien dommage. Mais je suis ainsi, entière, sans compromis, et surtout pas opportuniste. C’est d’ailleurs, je crois, ce qu’appréciait le plus Patrice en moi, ma liberté de lui dire non. Ayant connu une formidable réussite professionnelle, il était entouré de beaucoup de fausseté. Avec moi, il avait en face de lui de la sincérité. Et une vraie amitié. Notre parole était très libre, très ouverte, je l’engueulais souvent. Comme lorsque quelques années plus tôt, il m’annonce fièrement qu’il a signé avec un éditeur pour faire un beau livre sur Le Club 55, et qu’il aimerait bien que je lui donne des conseils sur le contenu qui ne lui plaisait pas tant que ça.

— Tu as signé avec un éditeur, mais n’importe quoi, je lui rétorque en éclatant de rire, tu as surtout signé un gros chèque, j’imagine.

— Euh, oui, de plusieurs dizaines de milliers d’euros, me répond-il, étonné. Ce livre va coûter cher, ils vont scanner toutes mes photos d’archives, et puis il faut payer le journaliste qui va l’écrire.

— Parce qu’en plus, tu ne me demandes pas de l’écrire. Non, mais, c’est vraiment n’importe quoi. Tu es très fier que je sois devenue écrivain. Tous les ans, tu mets les affiches de mes livres dans ton restaurant. Et tu ne me téléphones pas pour me parler de ce projet. Et maintenant, tu veux que je te donne des conseils. Je vais t’en donner un de conseil, un seul, tu arrêtes tout de suite ce projet qui va être nul, il sera convenu, il ressemblera à tous les beaux-livres sans intérêt sur les hôtels et les restaurants qui ne flattent que l’ego des propriétaires. Je ne comprends même pas que tu sois tombé dans le panneau. 

Patrice m’a écoutée et a rompu son contrat. Ce livre n’a jamais vu le jour.

Aujourd’hui, de ma longue relation amicale de plus de quarante années avec Patrice de Saint-Julle de Colmont, il reste toutes les vidéos que je lui ai faites sur ma chaîne YouTube Marcelline l’aubergine dont il était le partenaire privilégié, après que nous ayons signé trois contrats avec ses sociétés du Club 55, de la Ferme des Bouis et du Domaine de la Mole. Comme beaucoup d’autres personnes comme lui qui sont présentes dans mes deux-cent-cinquante vidéos, des personnes intelligentes, sensibles, drôles, talentueuses, prônant un retour au naturel, Patrice adorait mon concept que ce soit mon aubergine avec ses grandes lunettes dorées et son foulard fleuri qui fasse les interviews. Son souhait était que je mette en avant son amour de la nature. Il a donc raconté à Marcelline comment il a créé La Nioulargue, une régate de bateaux devenue par la suite Les Voiles de Saint-Tropez, sa philosophie de restaurateur, ses propriétés agro-écologiques…

De Patrice, je me souviendrai surtout de ses rêves car il était un rêveur, un travailleur aussi, un travailleur forcené qui effectuait le job de dix personnes, mais avant tout un grand rêveur. Lorsque j’ai travaillé pour lui, à mi-temps, pendant quatre ans et huit mois, de 2016 à 2021, au château de la Mole qu’il venait d’acquérir, je lui faisais de grands projets qui le faisaient rêver, un sanctuaire pour protéger les loups, un potager médicinal, aller nourrir en Afrique des villages où les gens meurent de faim, des projets que l’on fantasmait, dans lesquels il était heureux même si ceux-ci n’ont pas vu le jour. 

Alors, oui, même si Patrice n’a pas jeté les cendres de son père sur une montagne des Pyrénées, il a rêvé d’y être, il y était d’ailleurs certainement en pensée, en pensée comme dans tous ses rêves, ceux qu’il a réalisés et les autres qu’il a emportés avec lui ce samedi 11 octobre 2025, lorsqu’il est décédé à l’âge de soixante-dix sept ans.

Sylvie Bourgeois Harel

> Article publié en 25 janvier 2026
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