Présentation de la série

La première aubergine YouTubeuse !

Depuis 2 mois, une aubergine avec des grandes lunettes dorées se promène sur la toile : il s’agit de Marcelline.

Marcelline l’aubergine raconte son quotidien qui a profondément changé depuis qu’elle a réalisé qu’elle était, certes bio, mais F1, hybride, donc modifiée et non reproductible, sous peine de voir sa descendance se dégénérer.

Désespérée de ne pas pouvoir avoir de petits légumes avec son compagnon Gaston, Marcelline décide de consacrer sa vie à la lutte pour la préservation des semences anciennes et reproductibles. Et crée avec son amie Letyssia une association Avec Sylvie on sème pour la vie.

 

La naissance de Marcelline

Alors que j’écrivais une web-série dans laquelle une infirmière a soudain conscience qu’il est grand temps de prendre soin des semences anciennes et reproductibles en voie de disparition, je vais au marché bio du boulevard Raspail à Paris, là où je vis à Saint-Germain-des-Près. Chez Demeter, j’achète mes légumes, et là mon primeur me donne une aubergine avec un drôle de physique. Il me la reprend aussitôt en s’excusant :

–     Oh ! Je suis désolé, elle a un défaut, je vous en donne une autre.

–     Taratata, elle est trop mignonne, je la garde.

Une fois à la maison, je la range au réfrigérateur.

Le soir, je la sors pour penser à faire ma ratatouille le lendemain matin.

Mes lunettes de vue traînent dans ma cuisine où j’aime parfois écrire, j’alterne avec mon bureau. Je lui passe mon foulard autour du cou. Je sors mon téléphone pour la photographier.

Marcelline est née.

Naïve, positive, polie, émouvante, toujours contente d’être là, sans jugement, ni présupposés, Marcelline est comme une enfant qui pose avec simplicité les bonnes questions afin d’essayer de comprendre le monde qui l’entoure.

Marcelline partage son existence entre Saint-Germain-des-Près et le Sud, avec son amie Sylvie, pendant que son compagnon Gaston, plutôt casanier, apprend à jouer de la guitare.

En route pour la révolution paysanne…

Enfant, au lieu des Claude François et Johnny Hallyday qui avaient envahi les cerveaux de mes copines, mon idole était René Dumont, le premier écologiste à s’être présenté en 1974 à l’élection présidentielle. Ses coups de gueule me fascinaient, je voulais l’épouser quand je serai plus grande.

Puis le temps a passé. Et même si ma mère, qui ne mangeait pas de viande et connaissait le nom de toutes les fleurs, plantes, champignons et oiseaux, m’a éduquée dans le respect de la faune et de la flore – il était inenvisageable d’écraser une fourmi ou d’acheter une bombe anti-moustiques, elle préférait la citronnelle et les géraniums –, je n’ai pas compris tout de suite l’importance du bio. Au contraire, je me souviens qu’il y a une vingtaine d’années, il m’arrivait de pérorer, idiotement, que je mangeais la peau des pommes sans les laver pour que mon organisme fabrique des anticorps afin de lutter contre les pesticides.

Puis un jour, le goût justement d’une pomme sur un marché paysan de Provence m’a rattrapée. Elle avait la chair rose et la douce acidité de celles que je cueillais avec ma mère dans les vergers. À partir de là, je me suis plongée dans les livres et documentaires qui dénonçaient l’agriculture industrielle, et j’ai cherché à comprendre comment il était possible de se nourrir sainement. Et en 2003, après quinze années passées dans la communication, c’est l’écriture qui m’a rattrapée, je n’avais jamais désiré écrire, mais j’ai écrit. Des romans. Des scénarios.

Et c’est donc tout naturellement qu’aujourd’hui, la web-série avec Sylvie, on sème pour la vie s’est imposée à moi. Non pas pour pousser des coups de gueule comme mon cher René Dumont, mais pour raconter à ma façon, avec humour et légèreté, au travers d’un feuilleton qui mêle amour et agroécologie, cette injustice que les semences qui sont la vie, notre vie – un grain de blé peut nourrir des milliers de personnes -, ne soient plus reproductibles.

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