Adieu mon cher Alexandre Drubigny !
Je viens à l’instant d’apprendre que tu aurais décidé de partir à la recherche d’un monde que l’on ne connaît pas. Toi, le précurseur, le découvreur, l’aventurier, le pondeur d’idées, le dynamique, le si pressé et si rigolo garçon que j’ai connu en 1993, grâce à Jean-Jacques Goldman, ton éternel optimisme t’aurait donc guidé trop rapidement vers la mort, comme si celle-ci allait être mieux que notre vie sur terre.
Notre rencontre avait été si éblouissante, si drôle, si tendre, si professionnelle aussi, avec toi, il fallait aller vite, je me souviens que tu m’avais complimenté sur mon côté rapide et organisé, que j’ai adoré observer ton brillant parcours dans lequel tout semblait te réussir.
À l’époque, je travaillais en free-lance dans la communication, un de mes clients était Sony Publishing. Je devais m’occuper du premier CD-Rom que l’on créait. Jean-Jacques Goldman avait accepté que nous adaptions une des chansons de son album Rouge. La condition sine qua non était qu’il fallait travailler avec Alexandre Drubigny. Tu étais, je crois, chez NRJ. Deux minutes plus tard, tu me retrouvais dans un studio de la Plaine Saint-Denis sur le tournage des images prévues pour le CD-Rom. Le soir-même, je recevais un énorme bouquet de roses. Tu voulais me remerciais. En effet, grâce à ce tournage, tu avais rencontré Nicolas Plisson de Canal+, co-producteur du CD-Rom. Nicolas t’a tellement apprécié qu’il t’a embarqué avec lui dans les grande aventures de Canal+. Les roses, c’était plutôt à Jean-Jacques Goldman que tu aurais dû les envoyer. C’est lui qui avait remarqué ton talent. Moi, j’ai juste apprécié ton amitié et ton caractère si enjoué.
Je n’ai pas trouvé sur Internet des photos de toi. Je ne sais pas pourquoi. Comme si tu avais fait un grand ménage avant ton long voyage, que tu les avais ou fait toutes retirées, comme si tu voulais qu’on t’oublie, ce qui est impossible, je n’ai pas envie de t’oublier. J’ai donc emprunté sur Linkedin une photo de Marie-Claire Margossian qui, elle aussi, est très attristée par ton décès. Nous avions à peu près ces têtes si enfantines lorsque nous nous sommes rencontrés. Adieu Alexandre !
Sylvie Bourgeois Harel